Savoir-faire Les savoir-faire s’enracinent à Longueuil 

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Si Métiers & Traditions œuvre à la sauvegarde et à la transmission des savoir-faire anciens depuis maintenant 30 ans, c’est grâce à sa fondatrice, Christine Bertrand. Passionnée par tous les travaux manuels, elle aime connaitre l’histoire à travers la vie quotidienne et comprendre comment nos ancêtres usaient de débrouillardise et faisaient plus avec moins.

Entretien avec Christine Bertrand, fondatrice de Métiers & Traditions
Par Mateo De Cristofaro

D’où vous vient cet intérêt pour les savoir-faire ?
« D’abord, ma mère était pianiste et elle nous a transmis son grand amour de l’art et de la musique. Plus tard, je suis allée  à l’Institut familial de Saint-Lambert (l’équivalent du cégep) qui avait comme mission de «  préparer les filles à être de bonnes mères de famille ». La formation était fortement axée sur les savoir-faire: cuisine, tissage, couture, etc. J’adorai ça ! Le travail manuel a toujours été chez moi grandement valorisé, une façon de vivre et de me recentrer sur mes capacités.     » 

Comment vous est venue l’idée de lancer Métiers & Traditions ?
« Lors d’un voyage en Bretagne, j’ai découvert un petit groupe d’une trentaine de personnes qui se rejoignaient à Crozon, dans un vieux poulailler pour échanger, pratiquer et diffuser leur savoir-faire régionaux. Il y avait là une atmosphère d’apprentisage et de chaleur qui m’a parlé instantanément. Aujourd’hui ces artisans sont intégrés au Parc Naturel Régional d’Armorique comme Musée vivant où ces démonstrations ont toujours lieu.  Dès mon retour, j’ai parcouru la province à la recherche d’artisans intéressés à se regrouper pour faire des démonstrations sur les différentes techniques et métiers que nos ancêtres nous ont légués.  » 

Qu’est ce qui a fait connaitre l’organisme ?
« Au 350anniversaire de la ville de Montréal en 1992, j’ai présenté un projet qui avait comme objectif de faire connaitre 350 ans de notre histoire aux Montréalais et aux visiteurs par des démonstrations de métiers anciens. Une vingtaine d’artisans installés rue de la Commune ont touché et séduit le public durant trois jours dans le Vieux-Montréal. Suite à l’événement, nous avons reçus beaucoup de demandes de partout au Québec pour faire de l’animation et des démonstrations des vieux métiers. Ainsi s’est constitué peu à peu une banque d’artisans capable de travailler devant le public avec des outils et matériaux anciens tout en racontant la petite histoire reliée à chacun des ces beaux métiers d’autrefois. Puis est arrivé l’idée avec une bonne centaine d’artisans regroupés au sein de l’organisme à but non lucratif « Les Vieux Métiers » d’organiser un festival avec un volet international  dans le Parc St-Mark du vieux Longueuil. C’est ce Festival des Vieux Métiers qui a engendré principalement les retombées médiatiques et ouvert la porte à notre école Métiers et Traditions. La ville de Longueuil a toujours été présente dans l’élaboration de nos nombreux projets et elle assure généreusement la continuation de Métiers et Traditions.  »

Comment voyez-vous l’avenir de Métiers & Traditions ?
« M&T est là pour rester , c’est maintenant un centre de référence et de transmission des techniques et des savoir-faire. Il y a là une expertise peu commune. Par exemple : il est possible d’y apprendre la tonnellerie (tonneaux en chêne), à construire des fours à pains extérieurs, à tresser des ceinture fléchée, à faire de la calligraphie, du savon, de la broderie et autres. Assez exceptionnel non ? 

Il faut faire confiance aux talents et à la clairvoyance des jeunes. On doit pouvoir proposer à plusieurs d’entre eux de s’investir dans la pratique de ces métiers anciens, non seulement pour s’en approprier l’expertise mais aussi pour y déployer leur énergie créatrice.

La COVID a d’ailleurs favorisé la valorisation d’une économie axée sur la production locale et la transmission des savoir-faire.

Cette culture transmise aux générations futures, il faut également reconnaître ses possibilités d’intégration, je dirais du tricotage des savoir-faire d’ailleurs à ceux d’ici, pour un métissage des plus créateurs. »

Le message que vous souhaitez transmettre :
« Je compte sur tous ceux et celles qui partagent des passions créatrices et manuelles à les semer et les cultiver activement, ils/elles y trouveront la très grande fierté du travail bien fait par nous même.

Nous construisons chaque jour un patrimoine et nous pouvons en être fiers, partageons-le !  »

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